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Qui sont les Brouteurs qui montent des escroqueries sur internet ?

Qui sont les escrocs des arnaques à la webcam

Les escroqueries en ligne peuvent être réalisées depuis de nombreux pays, mais une grande partie des escroqueries réalisées sur internet viennent d’Afrique, et plus précisément de pays francophones d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire. C’est de là-bas que les cybercriminels réalisent des arnaques et chantage à la webcam et toutes les autres escroqueries en ligne comme le phishing, les fausses annonces sur eBay et Le Bon Coin, faux héritages, fausses loterie…

La cybercriminalité est une source de revenus importante pour l’économie locale et reste une activité lucrative inespérée pour nombre de jeunes hommes qui maîtrisent les rudiments de l’informatique. Certaines sources journalistiques évoquent une économie représentant plusieurs dizaines de millions d’euros par an. Dans des pays pauvres, il n’est pas étonnant que cela suscite des vocations chez les jeunes en quête d’argent rapide.

Ces cybercriminels spécialisés dans les escroqueries sur internet sont appelés des Brouteurs. Le terme Brouteur est une expression ivoirienne pour désigner des escrocs qui n’ont pas d’efforts à faire pour gagner de l’argent facilement, ils n’ont qu’à se baisser comme des moutons pour « brouter l’herbe verte ».

Où sont localisés les Brouteurs ?

D’où agissent les Brouteurs qui mettent en place les différentes escroqueries en ligne, dont les arnaques à la vidéo ? Ils ont principalement basé en Côte d’Ivoire, Mali et Maghreb pour les victimes du monde francophone. En langue anglaise, les escrocs opèrent depuis le Nigéria, les Philippines. Plus rarement ils sont basés en Europe ou au USA, ce qui les rend plus vulnérables.

Ce type d’arnaque a vu le jour au Nigeria, pays anglophone. La technique s’est ensuite étendue à la Côte d’Ivoire, francophone. L’arnaque en ligne commence comme une histoire d’amour, les victimes sont contactées via les réseaux sociaux avec de faux profils, de faux papiers, mais de vrais photomontages. Les cyber-escrocs peuvent entretenir par e-mail des relations avec leurs victimes durant des mois, le temps d’installer un climat de confiance, pour en venir à leur extorquer des sommes d’argent, parfois colossales.

Les escrocs à la webcam peuvent également opérer d’autres pays :

  • Philippines
  • Nigéria
  • Mali
  • Algérie
  • Maroc
  • Burkina Fasso
  • Europe et Usa plus rarement

Une cellule spécialisée en Côte d’Ivoire

La cellule cyber criminalité d’Abidjan est spécialisée dans la traque des cybercriminels. Chaque année elle procède à des centaines d’arrestations pour tenter de mettre fin à la cybercriminalité qui gangrène le pays. La Côte d’Ivoire et la plaque tournante de ces escroqueries en ligne.

Escrocs en ligne : les techniques et le business autour de la cybercriminalité

Les escroqueries des cybercriminels

Ils ont développé des techniques de plus en plus subtiles pour piéger des victimes fragiles et les délester de leur argent grâce à un système soigneusement rodé. « Ils », ce sont des brouteurs, un terme qui désigne des arnaqueurs et escrocs en ligne. Si ce mot fait référence à l’image paisible des moutons se nourrissant sans aucun effort, ce sont en réalité de véritables prédateurs particulièrement bien organisés qui sont désignés. Voici comment ils procèdent.

Majoritairement originaires du Nigéria et de Côte d’Ivoire, les brouteurs opèrent à distance, en utilisant internet et des complices. Ils n’appartiennent pas à des réseaux mafieux, mais opèrent souvent en petits groupes. Âgés de 12 à 25 ans, ils peuvent être autant des élèves et étudiants que des chômeurs ou travailleurs en quête de complément de revenu. En 2016, ce groupe de personnes est parvenu à soutirer 200 millions d’Euros rien qu’aux Etats-Unis. Mais les victimes sont autant anglophones que francophones, le marché (linguistique) étant réparti en fonction du pays d’origine des brouteurs. Si en 2018, un réseau de 89 brouteurs a été démantelé suite au dépôt de 2860 plaintes, la grande majorité des escrocs demeurent encore impunis.

Quelles sont les différentes escroqueries opérées par les brouteurs ?

La technique la plus utilisée et tristement célèbre est celle de l’arnacoeur. Mais les brouteurs agissent également sur d’autres tableaux, et réinventent des tactiques pour détourner l’argent de leurs victimes, au gré des avancées en termes de nouvelles technologies. Ainsi ils rivalisent d’imagination pour monter leur arnaque et sextorsions diverses (e-mail, faux profils sur les sites de rencontre, skype, etc.) et n’hésitent pas à mettre en scène des complices pour rendre leur scénario plus crédible (faux notaire ou avocat), avec en prime de faux documents.

Le faux héritage

Qui n’a jamais rêvé d’un héritage surprise ? Il faut cependant être très prudent, car les cyberescrocs sont nombreux à utiliser cette technique. Souvent opérée par e-mail, cette dernière est très bien rodée. Les victimes sont contactées par un prétendu cabinet d’avocats à l’étranger, annonçant le décès d’un parent inconnu, lequel lègue une fortune conséquente.

Mais pour pouvoir toucher le pactole, il vous est demandé de régler une partie des frais de succession. Chose impensable étant donné que ces frais sont en principe prélevés d’avance avant la répartition entre les héritiers. Les escrocs, généralement, se volatilisent comme par enchantement après avoir reçu le montant sollicité. Ils n’hésitent pas à envoyer des documents à caractère officiel par courrier, pour tromper la vigilance de leurs victimes.

L’arnacoeur

Aussi appelée l’arnaque aux sentiments, cette méthode d’escroquerie touche principalement les femmes. Cette technique vise à gagner la confiance des victimes en construisant une relation fictive sur le long terme par un site de rencontre ou par e-mail. Les victimes sont souvent des personnes en quête de l’âme sœur et se retrouvent au fil du temps sollicitées pour des versements de sommes d’argent pour de multiples raisons (membre de la famille malade, voyage à faire, chômage, etc.).

Malheureusement cette méthode est souvent payante pour les escrocs, en raison du lien de confiance qu’ils ont pu établir sans éveiller de soupçons. Certaines issues sont dramatiques, les personnes manipulées se retrouvant sans compagnon et sans argent, avant même d’avoir pu s’en rendre compte.

Pour réaliser leurs arnaques, ils possèdent une multitude de faux compte Facebook pour approcher les futures victimes de chantages.

Le faux gain de loterie

Au même titre que le faux héritage, la technique du faux gain à la loterie est également largement utilisée par les brouteurs et escrocs de Côte d’Ivoire. Un prétendu expéditeur qui vous veut du bien vous envoie un e-mail vous annonçant être l’heureux gagnant d’un gain de loterie. Le montant ne peut cependant pas être encaissé sans un versement anticipé afin de débloquer les fonds. Un simple virement de votre part suffirait alors à toucher ce magnifique montant. Bien évidemment, il s’agit d’une arnaque complète.

L’arnaque à la webcam

Les victimes peuvent être autant des hommes que des femmes. Ils sont contactés par un faux profil géré par un brouteur. Celui-ci va engager un contact puis progressivement une relation de confiance, de sorte à faire évoluer les discussions vers un terrain plus intime. La suite se passe lors d’un rendez-vous convenu par webcam, où la victime va être enregistrée à l’insu de son plein gré, souvent lors d’un déshabillage. La vidéo ainsi réalisée fait alors l’objet d’un odieux chantage par l’escroc, lequel menace ensuite de poster la vidéo sur YouTube, en l’absence de versement d’une rançon.

Le phishing, un piège aux innombrables visages

Que ce soit par e-mail, via Facebook ou autre messagerie privée, le phishing est une technique de plus en plus courante. Sous prétexte de devoir consulter une information clé, on vous demande de cliquer sur un lien, lequel vous incite à entrer des informations personnelles. Ce sont précisément ces éléments que l’escroc recherche, pour ensuite procéder à un odieux chantage. Ces arnaques prennent de nombreuses formes : on vous invite à découvrir une photo de vous sur un réseau social, ou bien à vérifier vos informations de facturation chez votre fournisseur d’électricité. La vigilance est de mise, car les outils utilisés par les escrocs sont particulièrement au point.

Sites de ventes entre particuliers

Sur un site de renom pullulent malheureusement de nombreux escrocs. Ils contactent des vendeurs pour leur proposer une transaction, mais font tout pour obtenir l’objet ou la prestation avant même d’avoir effectué le moindre versement. Qu’il s’agisse d’un appareil technologique ou même d’une voiture, cette technique fait chaque année de nombreuses victimes.

Victime d’une double arnaque : un procédé courant

Malheureusement il arrive que des victimes le soient doublement. En effet, certains arnaqueurs reviennent à la charge en se faisant passer par un organisme luttant contre la cybercriminalité. Contre le versement de frais de dossier, on vous promet un dédommagement total ou partiel. Une technique qui plonge les victimes dans de nouveaux tourments, en l’absence de vigilance.

En savoir plus sur les Brouteurs grâce à quelques reportages

Plus d'informations sur les bouteurs de Côte d'Ivoire

Souvent localisés au Nigeria ou en Côte d’Ivoire, les « brouteurs » sont des experts de l’arnaque. Ils excellent dans l’art de contacter des Occidentaux, hommes et femmes confondus (bien souvent des profils « fragiles »), pour leur promettre l’amour… et finalement leur dérober des sommes d’argent importantes. Ils opèrent en ligne, la plupart du temps via les réseaux sociaux comme Facebook. On les surnomme les « arnacœurs ». Comment s’y prennent-ils et comment se défendre au mieux faire face à ce système qui prend de l’ampleur ?

Le terme « brouteur » est né à Abidjan en Côte d’Ivoire. Si on parle de « brouteurs », c’est parce que l’image qui vient directement à l’esprit face à ce genre d’arnaque, c’est celle d’un mouton ou d’une vache qui broute sans se poser de question en-dehors de son enclos. L’arnaqueur commence par repérer une cible sur les réseaux sociaux : une personne qui a connu une voire plusieurs déceptions amoureuses et qui pourra facilement se laisser séduire.

Une fois la victime identifiée, le brouteur envoie une demande d’amitié via un faux profil. La photo de profil a tout pour plaire : une jeune femme sexy, souriante et… célibataire ! La victime mord à l’hameçon et le nouveau contact, derrière lequel se cache le brouteur, ne tarde pas à entamer la discussion. Le discours est rodé : la jeune femme dit vivre en France et être à la recherche de l’amour. Pour paraître plus crédibles, des photos de la famille ou des amis sont parfois envoyées. Il va sans dire que dans la plupart des cas il s’agit de photomontages. Le profil est généralement créé en collectant des photos d’une personne séduisante, mais totalement inconnue sur Instagram ou d’autres réseaux sociaux comme Facebook.

Bien sûr, la victime pourrait se demander « pourquoi moi ? Pourquoi s’intéresse-t-on à moi ? »… pourtant, souvent, la question reste intérieure et l’individu, trop flatté, tombe dans le piège. Et s’il ose poser la question ouvertement, il est rapidement rassuré : l’amour ne connaît aucune limite, tout est possible. Les brouteurs sont préparés et ont une liste d’arguments sous la main.

Les échanges durent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois, pour mieux mettre la victime en confiance. Les discours enflammés et romantiques ne tardent pas à surgir. Et puis, ce sont les demandes d’argent qui prennent le relais. La belle femme (ou le bel homme, car les femmes aussi sont ciblées !) a besoin d’argent. Quelques centaines d’euros pour régler une facture ou payer le loyer. La victime, par amour, accepte.

Les demandes continuent et il est de plus en plus difficile de s’en défaire. Il ne s’agit pas seulement de messages. Le brouteur peut filmer la victime en train de regarder sa bien-aimée danser ou faire un strip-tease. En réalité, ce n’est rien d’autre qu’une vidéo pornographique trouvée sur le net et rediffusée. Désormais, il est question de chantage. La victime doit payer une grosse somme ou la vidéo sera publiée sur la toile. C’est le scénario classique.

Les brouteurs savent comment s’y prendre : ils exploitent à la perfection les bonnes victimes au bon moment de leur vie (suite à une rupture par exemple ou alors que le rêve de mariage s’évanouit peu à peu. Pas étonnant alors que la victime se mette à commettre des folies en perdant tout sens de la réalité. Si la plupart des brouteurs viennent de Côte d’Ivoire, c’est parce qu’il s’agit d’un des pays les plus pauvres de la planète.

Les brouteurs ne se considèrent même pas comme des arnaqueurs. Ce sont des professionnels, à la recherche d’argent facile. Des victimes ? On préfère parler de clients. Pour être sûrs de réussir, certains n’hésitent pas à « travailler » plusieurs jours d’affilée sans le moindre repos.

Ainsi, les brouteurs ne se cachent pas de leur activité et s’en vantent même parfois. Ils agissent depuis des cybercafés sans se soucier de préserver leur anonymat, témoignant à visage découvert dans les médias pour annoncer leur dernier record en termes de somme dérobée ou de « clients » gagnés.

La situation est d’autant plus délicate que le brouteur peut facilement corrompre les policiers en cas d’arrestation, dans un pays où la corruption est un problème rampant. Des signalements existent, mais ils ne débouchent pas sur des condamnations ou des sanctions pour autant. Encore faut-il prouver l’arnaque, ce qui sans coopération judiciaire internationale est impossible ou presque. La meilleure arme reste alors la prévention, d’où la nécessité de communiquer cette pratique pour la rendre connue du plus grand nombre possible d’internautes.

Loin d’être une activité isolée, l’arnaque des brouteurs est en réalité une composante d’un système bien plus large de cybercriminalité. Particulièrement vulnérable et impuissante, l’Afrique peine à endiguer le problème. Au Nigeria, les attaques des sites publics ou gouvernementaux sont fréquentes, comme celui de l’Assemblée nationales ou de la Commission électorale qui avait été attaquée en 2015 par le Nigerian Cyber Army.

Tant qu’une action supra-étatique ne sera pas envisagée et que des moyens adéquats ne seront pas donnés pour poursuivre la lutte, la prévention et l’information resteront la seule façon d’informer les victimes sur les risques encourus.

En 2018, moins de 90 brouteurs avaient été arrêtés par la cellule spécialisée (PLCC) en Côte d’Ivoire pour un nombre total de plaintes avoisinant les 3 000. On estime cette catégorie de fraude en ligne à près de 8 millions d’euros. Derrière ce problème numérique se cache bien évidemment un problème de nature sociale. La lutte contre les brouteurs devra aller de pair avec la lutte contre la pauvreté et le décrochage scolaire en Afrique de l’Ouest, la plupart des arnacœurs ayant moins de 25 ans et n’étant titulaires d’aucun diplôme.

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